Cité de verre

Publié le par Flo & Florinette

Actes Sud, 1987, 150 pages (livre de poche)

Traduit de l'américain par Pierre Furlan

City of Glass (1985)


Daniel Quinn est écrivain. Un beau jour il est contacté par une personne souhaitant parler au détective Paul Auster. Les appels se renouvelant, Quinn finit par accepter la mission en se faisant passer pour cet Auster.

 

Il est difficile de présenter ce livre tant l’intrigue n’est au fond qu’un prétexte pour parler d’autre chose (et il en est de même dans les deux autres volumes de la Trilogie). New York en est le personnage principal en tant que symbole de la ville poussée à son extrême et dont la chute est imminente. New York, cité de verre, Babel des temps modernes, lieu de déchéance, symbole de la folie humaine. C’est une des références essentielles de l’œuvre de Paul Auster, de même que la question de l’identité : les identités de Quinn, qui, avant de jouer à être Paul Auster, écrit sous un pseudonyme, les deux Peter Stillman, Henry Dark, etc. L’identité des mots est aussi, en quelque sorte remise en question dans une réflexion sur le langage.

 

Il y a aussi dans ce roman, toute l’ingéniosité d’Auster qui fait que ses livres ne sont pas intéressants que pour l’histoire mais également pour les détails, les clins d’œil. Ici, non seulement la méprise initiale conduit Quinn à se faire passer pour un détective appelé Paul Auster, mais en plus le véritable Auster fait une apparition, ainsi que son épouse, Siri, et son fils, Daniel.

 

Quant à Quinn, il se laisse entraîner dans un engrenage qu’il pourrait à tout instant stopper mais, bizarrement, il semble curieux de savoir où tout cela va l’amener et vit ces événements peu communs comme une expérience à vivre. Sous certains aspects, son comportement m’a fait penser à celui de MS. Fogg dans Moon palace.

 

Cité de verre est un livre déroutant mais incontournable dans l’œuvre de cet écrivain.

 

Dans l'article initial figurant sur mon blog de lecture, je concluais par ces mots : "cet écrivain dont je pourrais parler des heures, mais je suis sympa alors je vous épargnerai ! "

Avec ce blog, vous pouvez considérer que j'ai changé d'avis : vous ne vous en sortirez pas comme ça ! ... Cela d'autant plus que de nombreux éléments de ce roman sont des piliers de l'univers d'Auster. Vous retrouverez donc des détails dans les dossiers à venir sur l'univers et les personnages.

 

Lire le début ici (bas de page)



----------------------------------------------------------------

 

L'avis de Florinette :

 

« C’est un faux numéro qui a tout déclenché, le téléphone sonnant trois fois au cœur de la nuit et la voix à l’autre bout demandant quelqu’un qu’il n’était pas. » Paul Auster dans divers entretiens a confirmé que le téléphone le fascine et le trouble. Il le prouve en démarrant ce roman par ces premiers mots.

Daniel Quinn, qui mène une vie errante, lestée d’un passé problématique accepte le jeu consistant à être ce Paul Auster et le voilà lancé dans une aventure extravagante qui le mènera à arpenter les rues de New York, la pièce maîtresse de l’intrigue, à la recherche de son identité. C’est un véritable parcours initiatique. Paul Auster aime marcher et faire marcher ses personnages. Il voit dans la marche un exercice spirituel. « On marche pour se connaître. On marche pour se trouver ». Quinn déambulant dans Grand Central a comme une révélation « Il parcourait la gare comme s’il était dans le corps de Paul Auster. »

« Le long parcours de Quinn ne désigne pas, comme avec « Babel », une lettre ou une forme. Quinn accomplit ce périple parce qu’il est tout à fait désespéré et dans la confusion la plus grande. » dixit Paul Auster.

Ce livre qui est le premier volume de la Trilogie new-yorkaise sort du contexte des autres romans, il peut laisser perplexe tellement l’exploration d’identité est stupéfiante.

 

Autour de Cité de verre

 

Publié dans Bibliographie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article