Partager l'article ! Brooklyn Follies: Actes Sud, 2005, 368 pages (Babel)Traduit de l'américain par Christine Le BoeufThe Brooklyn Follies (2006) Nathan Glass, ...
Actes Sud, 2005, 368 pages (Babel)
Traduit de l'américain par Christine Le Boeuf
The Brooklyn Follies (2006)
Nathan Glass, soixante, divorcé, un cancer en rémission a le plaisir de vivre à Brooklyn. Retraité, il a décidé de s’atteler à un projet : le livre de la folie humaine, qui recense les lapsus et autres erreurs involontaires. Lors d’une promenade, il retrouve Tom Wood, son neveu, qu’il avait perdu de vue. Ils renouent immédiatement et partagent leurs aspirations, les bons moments comme les mauvais, leurs philosophies, etc.
Ce roman est assez déconcertant car il est à la fois très typique de l'auteur et complètement différent de ses précédents titres. Comme toujours, l'intrigue n'est qu'un prétexte et les digressions finissent par créer un réseau d'histoires plus ou moins imbriquées les unes dans les autres. Toutefois, ce roman m'a paru être avant tout comme une tentative de description de la vie. A ce titre, on passe notre temps à y croiser des personnages, tous très attachants d'ailleurs, et à entendre parler de leurs vies et de 1001 anecdotes s'y rattachant. Au final, le livre se révèle être un tissage de digressions. C'est assez déconcertant au départ puisque l'on passe un certain temps à attendre que l'intrigue démarre... avant de se rendre compte que l'on est dedans !
Comme son roman précédent, La nuit de l'oracle, cet opus se révèle plutôt optimiste, très éloigné des livres de ses débuts (que je préfère). Auster y célèbre les relations humaines et ce qu'elles nous apportent. Ce livre est comme un patchwork de l'humanité. Ce livre a beau être ancré dans la réalité d'un pays, il n'en est pas moins à portée universelle.
Pourtant, une touche de contrariété vient jeter un voile sur cet hymne à la vie avec des références explicites à la politique menée par Bush. Comme toujours, Auster fait passer ses engagements de façon subtile mais claire.
Tout comme la vie, ce livre oscille entre drame et comédie.
Ce qui m’a le plus séduite, c’est l’Auster’s Touch : les jeux de mots, les petits clins d’œil, la façon de modeler les personnages, les parenthèses qui finissent par former une autre histoire, etc. Il faut être habitué à cette façon de procéder pour ne pas perdre le fil et se faire à l'idée que parmi toutes les pistes ouvertes, seules quelques unes seront exploitées.
Ce n'est certes pas son meilleur roman mais c'est un bon cru qui donne envie de croire en la vie et qui se démarque du reste de son oeuvre. Aussi est-il relativement incomparable... et c'est tant mieux !

Commentaires