Brooklyn Boogie

Actes Sud, 1995, 314 pages [avec Smoke] (livre de poche)
Traduit de l'américain par Christine Le Boeuf et Marie-Christine Vacher
Blue in the face (1995)
Tourné en 2 fois 3 jours.
« Tout a commencé pendant les répétitions de Smoke. Harvey [Keitel] est arrivé pour travailler des scènes dans le débit de tabac avec les parieurs – Giancarlo Esposito, José Zuniga et Steve Gevedon. Afin de se mettre en forme et d'apprendre à se connaître, ils se sont lancés dans quelques brèves improvisations. Il se trouve que c'était très drôle. Nous étions morts de rire, Wayne et moi, et dans un élan d'enthousiasme il a annoncé : Je crois que nous devrions faire un autre film avec vous quand Smoke sera fini, les gars. Retournons dans le débit de tabac pendant quelques jours et on verra ce qui arrivera. »
Le film a été tourné sans scenario et sans répétitions. Auster a rédigé des notes à l'intention des acteurs pour chaque scène mais rien de plus. Cela en fait un texte difficile à lire, assez brouillon. On a du mal à se représenter les scènes et surtout la continuité et la cohérence de l'histoire. Cependant, la vocation de ces notes n'est pas d'être lues comme de la littérature mais comme des documents de travail pour des acteurs. Aussi, puis-je imaginer que le résultat rend très bien à l'écran d'autant plus qu'Auster et Wayne ont su s'entourer d'excellents acteurs, capables d'improviser et de produire un « show » déjanté, à l'image du Brooklyn de Paul Auster. On devine un certain fourmillement dans ces scènes loufoques, une pulsation vitale qui doit percer l'écran. On ne peut donc juger ce recueil de notes. Si j'arrive, enfin, à voir le film, je vous tiendrai au courant de mes impressions.