Le Noël d'Auggie Wren

Éditions Actes Sud Junior, 1998, 31 pages.
Traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf
Il y maintenant onze ans que Paul et Auggie se connaissent. Auggie Wren est un drôle de personnage, il travaille chez un marchand de cigares au cœur de Brooklyn et chaque jour à sept heures précises, il photographie le même angle de rue. Il a déjà douze albums à son actif qui immortalisent le temps naturel et le temps humain.
À l’occasion des fêtes, le New York Times demande à Paul d’écrire un conte de Noël, mais Paul n’a aucune idée de ce qu’il pourrait raconter et sa pensée bataille avec les fantômes de Dickens, O.Henry et autres maîtres de l’esprit de saison. Il se confie à Auggie qui lui propose de lui raconter une anecdote en échange d’un déjeuner. Il commence à lui narrer l’histoire du gamin qui en volant dans les rayons perd son portefeuille lors de la course-poursuite, et de la vieille aveugle chez qui il passera le repas de Noël en ce faisant passer pour le petit-fils prodigue…Mais toute cette histoire n’est-elle pas une pure invention afin d’aider son ami Paul ? Peu importe du moment qu’une personne y croit, il n’existe pas d’histoire qui ne puisse être vraie... et j’y ai cru en me laissant bercée par ce joli conte moderne agrémenté de magnifiques illustrations de Jean Claverie.
Autour d'Auggie Wren
Je profite de ma lecture de Smoke pour revoir ma critique de ce conte de Noël un peu particulier.
La version présentée ici est celle illustrée par Jean Claverie qui a su donner vie à cette petite histoire écrite pour le New York Times. Elle servira d'inducteur pour Smoke mais n'intervient, finalement, qu'à la fin du film, comme une ultime pirouette. Pourtant, il m'a semblé que cette histoire, bien que sympathique et pas banale, est déconnectée du reste du scenario. Hormis Auggie Wren qui raconte l'histoire et Paul Benjamin qui l'écoute, il n'y a aucun rapport avec le reste du scenario. C'est un peu comme un cheveu sur la soupe qui arriverait à la fin comme un rappel que ce conte a servi de déclencheur en film même si ce dernier s'en est ensuite tout à fait éloigné.
Il n'en reste pas moins que l'histoire en elle-même est intéressante. Ce que j'ai avant tout apprécié c'est le travail de Claverie qui s'est pris pour Auggie Wren et a pris en photo (enfin, son fils) le carrefour dont il est question dans l'histoire. En plus, de donner plus de réalité à l'histoire, le montage qui en résulte est vraiment bien esthétiquement.
C'est également un beau livre de par la qualité de son papier épais et le velouté de la couverture.
" Du moment qu'une personne y croit, il n'existe pas d'histoire qui ne puisse être vraie."