Smoke

Actes Sud, 1995, 314 pages [avec Brooklyn Boogie] (livre de poche)
Traduit de l'américain par Christine Le Boeuf et Marie-Christine Vacher
Smoke (1995)
Tout commence par Le conte de Noël d'Auggie Wren qu'Auster publia dans le New York Times. Wayne Wang le lut et, enthousiaste, souhaita rencontrer son auteur. Lors de cette entrevue, Auster lui fit visiter Brooklyn, la boutique de cigares dont il s'était inspiré, etc. Séduit, Wang décida de faire un film autour de cela, l'histoire d'Auggie Wren et l'ambiance made in Brooklyn.
Dans la version que j'ai en main, le scenario est précédé d'une interview d'Auster par Annette Insdorf. On y apprend pas mal de choses intéressantes sur la génèse de ce film, le premier dont PA écrivit le scenario. Wang voulait partie du Conte de Noël d'Auggie Wren mais le reste était à inventer. C'est au cours de leurs conversations que des personnages, les thèmes et l'organisation générale de l'histoire sont nés. Il évoque également son ressenti vis-à-vis du film par rapport à ce qu'il a écrit et donc sur les petites déchirures en constatant qu'un acteur n'a pas exactement respecté ses propos mais aussi sur le plaisir de voir que, parfois, ces déviations rajoutaient quelque chose au film. C'est vraiment intéressant de lire de tels propos, essayer de comprendre ce que ressent un auteur quand ses mots deviennent des images.
Autant cette histoire doit bien rendre en film (je n'ai toujours pas vu ce dernier), autant la lecture du scenario est moyennement prenante. Il s'agit plus d'une question d'atmosphère, de rapports entre personnages que d'une véritable histoire. C'est une tranche de vie, un peu sur le principe de Brooklyn Follies.
J'ai été amusée de retrouver une scène de Fausse balle, le premier roman de PA, publié alors sous le pseudonyme de Paul Benjamin (qui est également le nom de son héros dans Smoke) quand les « méchants » viennent chez le « héros » (écrivain, évidemment) et mettent sa bibliothèque à sac.
Quelques acteurs : Giancarlo Esposito ( Tommy), Harvey Keitel (Auggie Wren), William Hurt (Paul Benjamin), Daniel Auster (voleur de livres ) ...
Extraits :
«Pour la première fois de ma vie j'ai réussi à la fermer. C'est quelque chose dont je pourrais me vanter je suppose. » (ça m'a rappelé quelqu'un ;-)
« J'suis un ado. Tous les ados sont maladroits. C'est parce qu'on grandit encore. On sait pas où finit notre corps et ou commence le monde. »
« Le monde matériel n'est qu'une illusion.... Le monde est dans ma tête. »
